Jornal COMBATE - 2 publicações Vosstanie Editions

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quarta-feira, 5 de agosto de 2020

Por uma acção revolucionária em época de refluxo / COMBATE - CONTRA A CORENTE (1980)


Edições Contra a Corrente, Lisboa, 1980. 12 pages.


I. O significado das eleições

II. Dois derrotados

III. O bloqueamento do processo revolucionário

IV. O nacionalismo dos partidos "de esquerda"

V. A estratégia actual dos partidos "de esquerada"

VI. Por uma actividade anti-nacionalista


On trouvera une version au format texte d'ici peu sur cette page.





segunda-feira, 18 de novembro de 2019

Quand le peuple est populaire / Vosstanie [Vient de paraitre]

PARUTION 


Quand le peuple est populaire
 Le Portugal, Les éditions Agone, Raquel Varela et le populisme chic de la petite bourgeoisie intello de gauche.

VOSSTANIE ÉDITIONS, 2019, 66p. 

PRIX LIBRE ou  UNE BIÈRE ou Commander 3 Euros

 Pour réserver un exemplaire : nous contacter 


 



quarta-feira, 22 de agosto de 2018

De la Falsification ou du Trotskisme Universitaire. À propos du livre (à paraître) Histoire Populaire de la Révolution Portugaise de Raquel Varela aux éditions Agone

De la falsification ou
du trotskisme universitaire

À propos de la sortie prochaine de l’ouvrage, 
Histoire populaire de la révolution portugaise de 1974-1975 de Raquel Varela aux Éditions Agone (2018) 


Version du 12 Août 2018


De la falsification ou du trotskisme universitaire
TELECHARGER LE TEXTE AU FORMAT PDF
Ce texte aurait pu ne pas prendre forme, ce qu’il soulève aurait pu rester confiné dans les quelques minutes que nous y consacrons dans notre émission sur la Lutte des classes au Portugal (2014). Mais la publication prochaine d’un ouvrage aux éditions Agone, maison d'Édition considérée comme proche d’un milieu dit anti-autoritaire au sens aussi large que confus nous incite à nous saisir de notre clavier. Non pour rétablir une certaine « justice » ou critiquer une ligne éditoriale dont on se moque complètement. On laissera d’ailleurs au seul lecteur le soin d’évaluer sous quel angle, il s’agit d’analyser la publication de ce titre. Bêtise, inculture politique, copinage universitaire ou coup éditorial ?
Pour notre part, il s’agira plutôt de traiter ici de ce que cet ouvrage passe volontairement sous silence et des conséquences de la falsification historique sur le plan politique. Pourquoi est-ce que cela nous semble important ? Parce qu’il sera le seul ouvrage en France sur la question dite du 25 avril 1974 à être disponible pour un large public francophone.



Le business du populaire


L’ouvrage à paraître sous le titre de : Histoire populaire de la révolution portugaise de Raquel Varela (RV) est donc la traduction d’un ouvrage paru en 2014, année des 40 ans de la révolution dite des « Œillets » dans les fusils ou le 25 avril, il est paru chez Bertrand Editora au Portugal sous le titre História do Povo na Revolução Portuguesa 1974-75.

La première curiosité au risque de paraître fort pointilleux relève dont le titre a été traduit. História do Povo na Revolução Portuguesa ce qui peut se traduire littéralement, par Histoire du peuple dans la révolution portugaise devient chez Agone une Histoire populaire de la révolution portugaise.

Ainsi nous sommes passés du peuple au populaire. Si le « peuple » semble de plus en plus « populaire » pour le pire de ce concept aussi vague qu’inter-classiste, il n’en demeure pas moins que ce qui est « populaire » semble faire le consensus surtout dans le milieu de l’édition qui s’est très vite HowardZinnisée2.

La subalternité est à la mode. Elle permet autant de segments, de niches de publication que d’éclatement des sujets, pour cette lutte des places dans les universités. La course est à celui qui trouvera un objet d’étude original ou qui n’a pas été trouvé par son concurrent potentiel. On ne sait pas trop qui alimente qui dans cette circularité (université/Édition) en revanche elle se nourrit de la subjectivation bien concrète des sujets sans objets 3 dans la course aux marchés des identités et à leurs manipulations.

Il ne s’agit pas de développer ici que la révolte de ceux d’en bas n’est pas à privilégier, mais l’on assiste à un tel éclatement des champs interprétations par des cohortes d’entomologistes « du peuple » et du populaire appointés par les États, que tout ceci en vient à se dissoudre dans un vague magma émeutier et de revendications intégratrices, ou plus aucune perspective historique de remise en cause globale et totale du mode de production marchand et de ses médiations ne semble plus être questionnée.

Sans aucun doute, il s’agit ici d'une manne pour les spécialistes de l’hégémonie culturelle susceptible de leur offrir des postes de pouvoirs intellectuels et politiciens, mais aussi des rétributions sous forme de subventions.


Du Parti de la mémoire d'État 4 à l’Avant-garde de l’oubli.


Lors d’un débat organisé dans un local militant en 2014 où il était question de la situation sociale au Portugal et des dernières luttes de la fin des années 2000 un participant pouvait affirmer qu’il ne restait que des chansons de cette époque où l’on pouvait parler de 1974 à 1976 du Processus révolutionnaire en cours (PREC). Dans un autre cadre un participant du mouvement de cette époque plus pessimiste encore considérait que ces chansons ne faisaient écho à rien et qu’en toute logique il n’en restait plus rien.

Le refoulement et l’oubli ont été alimentés par la défaite et les désillusions des prolétaires. Le trauma des guerres coloniales est toujours présent et la vaste analyse à faire sur le sujet est susceptible de briser la liturgie commémorative du 25 avril ou de faire fuir le touriste qu’on évitera de faire passer pour un néocolon. Le livre de R.V sachons lui concéder au moins cela, part du « bas » et n'évite pas l’importance de la question coloniale, de la répression et du soulèvement des prolétaires noirs des pays colonisés par le Portugal et donc de ces répercussions sur son territoire.

Mais au fur et à mesure de notre lecture l’ouvrage, parsemé de chronologies toutes aussi inquiétantes que nécessaire s’invite la question de la critique de l'économie politique et des options idéologiques de l’auteure. Elles s’affirment ouvertement mais au prix de la falsification historique et de la censure structurée universitairement et éditorialement.

Il peut paraître ridicule de rappeler que le Portugal est un petit pays où l’on fait vite le tour des lieux et des individus. Le Portugal n’existe pas 5 pouvait même écrire João Bernardo. Recenser les idées et les pratiques peut-être assez aisées pour qui s’en donne la peine. Pour preuve de nos jours on y reconnaît même dans les rues les enfants des anciens fascistes qui ont su se reconvertir dans la finance et les « affaires » comme les anciens paysans pauvres émigrés qui reviennent à dates fixes pour s'enfermer dans des tombeaux granitiques en ruines sous un soleil de plomb.

S’il est bon de rappeler quelques évidences, c’est que pour quelqu'un qui se lancerait dans un travail d’archives et de manière professionnelle sur une question contemporaine comme celle qui nous intéresse, il est assez aisé de circonscrire son sujet même si l'entreprise demeure vaste. Le systématisme, l’accumulationnisme bibliomaniaque et référentiel étant un des traits les plus caractéristiques du travail universitaire, on ne peut être qu’étonné que deux références à notre avis majeures de la période révolutionnaire portugaise soient totalement absentes du travail de cette autorité médiatique qu’est R.V.

Nous n’en sommes pas si étonnés que cela puisque cette censure lui permet de débiter à la fois des options idéologiques aussi trotskistes que fausses, aussi autoritaires que manipulées et de défendre un point de vue aussi frelaté que son léninisme de chaire est aux ordres de l’État.

Notre interrogation est tout autre en ce qui concerne la publication au supplément au Dicionário de História de Portugal - O 25 de Abril et édité par Figueirinhas Editora et dirigé par António Reis, Paula Borges Santos et Maria Inácia Rezola et dont les nombreux volumes édités depuis 2016 6 ne mentionnent de quelque manière que ce soit le journal Combate ses acteurs et participants, les lieux et problématiques propres de cette initiative. La bêtise universitaire est décidément insondable.

C’est donc bien de cela dont il s’agit c’est-à-dire du Journal Combate mais avec celui-ci de ce qu’a été l’autonomie ouvrière et les pratiques radicales des prolétaires critiquant en actes, les partis et les syndicats, le capitalisme privé ou d’État.

Ce que fut le Journal Combate 1974-1978.7


Le premier numéro du Journal paraît le 21 juin 1974, on y trouve son Manifeste inaugural qui évoluera quelque peu. Le dernier ou le numéro 51, est daté de février 1978. Les dix premiers numéros furent hebdomadaires et bénéficièrent d’une large distribution. Du numéro 11 (22 novembre 1974) au numéro 47 (22 octobre 1976), la périodicité fut quasiment bimensuelle. Mais à partir du numéro 48 (février 1977) au 51 (février 1978) les tirages furent de plus en plus difficiles à faire paraître et donc la périodicité fut irrégulière.

Combate ne comptait ni permanents ni journalistes professionnels. Son objectif était de faire paraître un journal qui ne soit pas l’expression d’une idéologie particulière, même si elle avait une ligne politique et de relater les occupations et les expériences liées aux pratiques autogestionnaires. Des groupes de « camarades » parcouraient le Portugal pour interviewer les membres des commissions de travailleurs et des commissions d’habitants.

Il interrogeait le plus souvent les travailleurs de base et tous les numéros traitaient des problèmes des commissions de travailleurs.

Ce qui se dégageait des numéros et du propos du journal, c’est que le mouvement révolutionnaire portugais ne devait rien aux partis politiques de gauche et d’extrême gauche qui furent complètement surpris et dépassés par les événements. MRPP, UDP, PRP et MES aucun d’entre eux ne jouèrent un rôle majeur dans le mouvement autogestionnaire de l’époque. En fait, ces partis d’extrême gauche étaient le bras politique de certaines factions militaires.

Quant au Parti communiste, il essaya de renforcer la bureaucratie syndicale embryonnaire au détriment des commissions de travailleurs. Il tenta de mettre fin au mouvement autogestionnaire et de promouvoir sa politique favorable au capitalisme d’État, fondée sur les nationalisations.

Pour Combate, plutôt que les revendications particulières formulées par les travailleurs, ce qui importait (même si elles étaient importantes), c’étaient leurs formes réelles d’organisation spontanée, parce qu’il voyait en elles la base de la démocratie ouvrière et le moyen de détruire les structures d’encadrement du capitalisme d’État ou Privé.

Les 51 numéros de Combate offrent un panorama de tout ce qui s’est passé dans le mouvement ouvrier portugais entre 1974-1975.

C’est une source importante pour tous ceux qui s’intéressent au mouvement ouvrier de cette époque que les chiens de garde du savoir d’État s'évertuent à censurer, car c’est probablement l’une des dernières expériences les plus importantes de la fin du XXe siècle.

À ce sujet un recueil reprenant le Manifeste du Journal et les vingt premiers éditoriaux jusqu’au 28 mars 1975 fut publié chez Afrontamento. Les éditions Afrontamento crées en 1963 8 furent des éditions « progressistes » opposées au régime salazariste et elles existent toujours à l’heure actuelle.

Que l'ouvrage qui date de 1975 sous le titre Capitalisme privé ou Capitalisme d’État : Ce n’est pas un choix ! Ne soit pas cité bibliographiquement pourrait passer au mieux pour un acte manqué, mais nous en doutons compte tenu de l’importance des éditions dans le petit espace portugais. En revanche que la parution des 51 numéros ! ne fasse l’objet d'aucune mention voilà l’acmé du scandale et de la censure.

Il en va de même du titre de Phil Mailer qui fut publié en anglais (et en portugais9 ) sous le titre The impossible revolution ? Chez Solidarity en 1977. Phil Mailer fut l’un des collaborateurs étrangers du journal et il y participa très activement. Son ouvrage contient de nombreuses références et citations extraites de Combate 10.

Il en va de tout autant d’un participant non moins important qui fut à la fondation du journal et au parcours atypique et qui fut édité également chez Afrontamento on pense ici à João Bernardo11 dont la contribution au débat sur l’autonomie ouvrière, le fascisme, Marx, le Marxisme, reste à découvrir en France 12.


L’objet de la falsification


Toute l’histoire, la pratique relayée par le journal Combate s’oppose au point de vue de R.V. Rappelons tout de même ici que les organisations trotskistes étaient plus que groupusculaires voir inexistantes au Portugal. L’espace ayant été pris par le Parti communiste Portugais (PCP) et une pléthore de chapelles ibéro-maoïstes. L’effondrement du pouvoir ne fut pas uniquement dû selon la doxa philo-militaire et progressiste au putsch des capitaines d’Avril, mais doit beaucoup aux années de luttes qui ont précédé le 25 avril. Ceci va des révoltes dans les colonies à l'insoumission, aux désertions, grèves, et même jusqu’à la spectaculaire lutte armée, etc. La vacance a laissé la possibilité au « non-grand parti », c’est-à-dire à l’a-partidarisme de prendre sa place.

Il était d’ailleurs assez étrange à l'époque de voir les constructeurs de partis en tout genre tout faire pour ne pas passer pour des partidaires.

Au-delà des faits, des dates, RV ne peut s'empêcher dans son ouvrage de développer une position totalement idéologique et de plaquer le vieux mantra trotskiste tiré du programme de transition : le contrôle dit ouvrier ou « Le contrôle ouvrier » ceci aux événements portugais.

En 2015, une publication hors norme de 2368 pages (PDF) éditée par les Éditions Syllepses à savoir Autogestion. L'Encyclopédie internationale relayait son propos13. Il le fut également par les idiots professionnels de la revue Période 14.

On peut se demander dans un premier temps ce que peut bien faire ce texte sur le « contrôle ouvrier » dans une publication traitant d’autogestion et que R.V distingue très bien dans son ouvrage15.

Il faut croire que la dimension de l’escroquerie trotskienne dépasse le cadre lusitanien.

Mais contrairement à ce qu’affirme R.V dans cet article, il n’est bien sûr pas vrai que « Dans les années 1970, le contrôle ouvrier constituait une revendication commune aux jeunes libertaires, aux sociaux-démocrates et aux syndicalistes réformistes » et on voit plutôt mal le courant libertaire au sens large s’en revendiquer (ou alors par méconnaissance) comme elle le prétend dans l’introduction de ce texte. Ceci pour des raisons assez évidentes et que développe longuement Maurice Brinton dans Les bolcheviks et le contrôle ouvrier - 1917-1921 16.

Si elle parle de « désaccords » terminologique sur la notion de contrôle ouvrier en suggérant qu’il n’aurait jamais été convenablement défini, elle minore également la position de M.Brinton qu’elle récupère au passage en oubliant clairement de dire que ce dernier faisait plus que débattre de l’expression de « contrôle ouvrier » ou faisait plus que considérer que celui-ci pouvait « « détourner » les travailleurs de l’autogestion, seule revendication qui remet en cause le profit ». Il affirmait déjà et ceci bien avant l’année 1974 que tout devait être combattu dans cette idéologie du contrôle ouvrier.

Pourquoi une telle opération ? Qui pourrait passer d’ailleurs pour surannée puisque chaque moment est particulier et mérite son analyse propre au risque de virer au psittacisme politique et au dogmatisme.

C’est que derrière ce « contrôle ouvrier » jamais vraiment défini se cachent des objectifs politiques bien précis.


Du contrôle ouvrier au contrôle sur les prolétaires.


En faisant un historique confus de la notion et tout en ne la développant vraiment jamais, elle entretient le flou à son profit politique et tente de faire passer le contrôle ouvrier comme une forme radicale de lutte. Mêlant d’ailleurs à sa farce les conseils ouvriers. Ainsi sont convoqués dans son livre les noms d'Anton Pannekoek et de Karl Korsch deux grands critiques du/des Parti(s) et proches des idées communistes des conseils qui n’ont jamais été des apologistes du contrôle ouvrier ou de la théorie léniniste du double pouvoir surtout quand ils sont cités dans les années 60-70.

Si RV insiste tellement sur le contrôle ouvrier en dénigrant de manière retorse et ambiguë l’autogestion (aussi limitée, récupérée et critiquable que fut l’autogestion) c’est qu’elle est prise sous deux feux ambigus, ceux d’être l’idéologue d’un courant politique minoritaire et autoritaire. Comme à chaque fois chez les léninistes, l'autogestion n’est concevable qu'après la prise du pouvoir politique d’État (théorie du double pouvoir) pour l'instauration de l’État socialiste !

« En quoi consiste la dualité du pouvoir ? En ceci qu'à côté du Gouvernement provisoire, du gouvernement de la bourgeoisie, s'est formé un autre gouvernement, faible encore, embryonnaire, mais qui n'en a pas moins une existence réelle, incontestable, et qui grandit : ce sont les Soviets des députés ouvriers et soldats. »

Lénine, Sur la dualité du pouvoir « Pravda » n° 28, 9 avril 1917.

Si pendant la révolution portugaise il y a eu une « défense » toute relative de l'autogestion et de l’auto-organisation on constate rapidement qu'il ne s'agissait, la plupart du temps chez les léninistes que d'une position tactique de la part d'adversaires du Parti communiste Portugais qui essayaient, en défendant l'autogestion, de déloger le Parti Communiste Portugais de ses bastions.

Tout le pouvoir au soviet ! Ce célèbre mot d’ordre tactique léniniste qu’avait déjà décortiqué Oskar Anweiler avec précision dans Les Soviets en Russie (1905-1921) 17, indique parfaitement de quoi il en retourne stratégiquement.

« Le contrôle ouvrier est un processus de dualité de pouvoirs qui consiste dans l’organisation politique des travailleurs au niveau de la production - formalisée ou non - dans le but de prendre le pouvoir politique ».

Raquel Varela p. 274 de História do Povo na Revolução Portuguesa 1974-75.

En fait, la dualité du pouvoir n’est rien d’autre que la théorisation du gouvernement de substitution (éternellement provisoire) avec ses chefs et autres commissaires, qui se chargeront de structurer la transition sans fin vers le socialisme par la militarisation du travail si chère à Léon Trotski. En définitive un autre gouvernement bourgeois, ou le « pouvoir des travailleurs » est identifié, assimilé et récupéré au profit du Parti.

Pour des finalités assez pauvres, si on en croit d’ailleurs Trotski lui-même dans le Programme de Transition (1938).

Voici un extrait de cette sempiternelle litanie répétée encore de nos jours et jusqu'à l’écœurement par les fans toujours téléphiles et caméléon du Staline manqué :

« Les premières tâches du contrôle ouvrier consistent à éclairer quels sont les revenus et les dépenses de la société, à commencer par l'entreprise isolée ; à déterminer la véritable part du capitaliste individuel et de l'ensemble des exploiteurs dans le revenu national ; à dévoiler les combinaisons de coulisses et les escroqueries des banques et des trusts ; à révéler enfin, devant toute la société, le gaspillage effroyable de travail humain qui est le résultat de l'anarchie capitaliste et de la pure chasse au profit. »


Cet « éclairage » programmatique, dont la bourgeoisie n’a même plus peur, « ne peut être résolu que par la IV° Internationale », ou l’avant-garde des porteurs de vessies en forme de lanternes contre la spontanéité « trade-unioniste » des prolétaires c’est bien connu.

Rappelons par exemple ce que dit Lucia Bruno18 du contrôle ouvrier et qui a travaillé sur le journal Combate et « L‘expérience portugaise19 ».

« Le contrôle ouvrier, c’est quand un groupe de travailleurs est reconnu par la direction d’une entreprise, qui se transforme en cogestionnaire du capital. On parle de contrôle direct des ouvriers par d’anciens ouvriers. Il est légal dans presque tous les pays développés indépendamment de l’existence ou non de luttes.
Le contrôle ouvrier se fonde sur la délégation de pouvoir, et plus sur l’action directe. On élit des délégués qui vont représenter les travailleurs et participer à la gestion de certains problèmes de l’entreprise.
De manière générale, on les limite à des questions d’ordre interne, plus directement liées aux problèmes de main-d’œuvre.
La séparation des délégués élus de l’ensemble des travailleurs est inévitable, car ils ne font l’objet d’aucun contrôle par la base qu’ils disent représenter.
Ils finissent donc toujours par se constituer comme un pouvoir qui se situe au-dessus des travailleurs en reformalisant la relation dirigeants/dirigés qui caractérise toute société d’exploitation.
Pour qu’une entreprise autogérée se sépare de la logique du profit, en initiant le processus d’édification du socialisme, il ne suffit pas d’élire des représentants des travailleurs pour participer de la gestion.
Alors que gérer signifie prendre pour soi-même des décisions en tant que personne ou comme collectivité souveraine, ceci en pleine connaissance des informations nécessaires, contrôler ne signifie que superviser ou vérifier les décisions prises par d'autres.
Le contrôle ouvrier implique une limitation de la souveraineté où certains déterminent les objectifs, et les d’autres s’efforcent que soient appliqués les méthodes les plus appropriées pour les réaliser. »

La référence à Trotski et Gramsci comme théoriciens du contrôle ouvriers et admirateurs du modèle fordiste en dit long sur l’analyse proposée par RV du 25 avril. Au-delà d’être totalement idéologique et dictée par le logiciel bourgeois elle passe sous silence toute une problématique :

- Celle qui voyait dans les relations sociales nouvelles issues des luttes un l’élément possible d’abolition du monde de production capitaliste qui est un élément fondamental dans l’économie de la révolution. C’est de cela dont elle ne parle pas ou ne veut pas parler en ne parlant pas de Combate ou en déformant le propos de M.Brinton, ou de l’'autonomie ouvrière réellement existante au Portugal. Mais également d’un courant politique qui refusait les médiations bourgeoises, le double discours, et les avant-gardes.


L'autonomie ouvrière contre le contrôle ouvrier


Concevoir l’autonomie des prolétaires, c'était et c’est aussi entrevoir la critique pratique et théorique des partis et des syndicats. La volonté de ceux qui luttaient d’en finir immédiatement avec les rapports capitalistes sur les lieux de productions et dans toute la vie sociale et donc de détruire toutes les casernes.

Au-delà de son trotskisme universitaire, la problématique de RV s’inscrit dans la pure tradition du marxisme des forces productives (orthodoxe) qui réduit l’importance et la signification de la critique de la plus-value dans la critique du capital.

Comme l’indique João Bernardo, « le marxisme des forces productives est l’idéologie du pouvoir ou plus exactement une idéologie de la réorganisation et du développement du pouvoir capitaliste » 20

Concevoir l’activité révolutionnaire sur un mode bourgeois et séparé, c’est ne pas comprendre que « les relations sociales de production qui surgissent dans les luttes collectives et actives, ne sont pas seulement antagonistes au capitalisme, mais sont déjà, dès maintenant, le fondement d’un nouveau mode de production »21.

Autrement dit « ce qui importe ce n’est pas de créer préalablement les conditions strictement matérielles, vers un monde de production futur [nous précisons] comme le prétend le marxisme des forces productives »22 mais le développement de nouvelles relations sociales de production.

Il est évident que de ces propositions se dégage une autre approche de la question du pouvoir. Il ne s’agit pas de nier cette question, mais d’identifier que son approche est tout autre et bien différente de celle défendue dans le livre par R.V. Il ne s’agit plus de conquérir l’appareil d’État, mais d’acter sa destruction. Il s’agit dans le cours de la lutte de combattre le fonctionnement bourgeois de l’organisation du travail, sa militarisation, son hiérarchisme, son caractère fragmenté et aliéné.

Sans tomber dans l'illusion de la possibilité d'îles autonomes ou de l’autogestion dans un monde capitaliste ou de ne pas lier les moyens et fins, le fond et la forme.

Si le nombre des entreprises autogérées, des terres collectivisées fut conséquent et dictées le plus souvent par la nécessité plus que par des discours idéologiques il en va tout autant de l’intégration de ces expériences.

L’appel à l’État comme pourvoyeur, l’intégration par le marché et la normalisation de la situation par les élections ont fait le reste.

Mais toute la gauche et l’extrême gauche ont alimenté leurs discours et leurs pratiques d’un socialisme frelaté, d’un discours ambigu où la socialisation des moyens de production apparaît toujours comme synonyme d’étatisation ou la fin du capitalisme n’est que l'élimination de la propriété privée.

Cette démarche qui est celle de R. VARELA vise à intégrer d’une façon détournée les prolétaires dans le camp idéologique des nouveaux exploiteurs - les managers technocrates du capital étatisé, dont elle est une des représentantes actuellement de par ses fonctions de médiations dans l’appareil idéologique d’État Portugais.

Identifier la structure du mode de production capitaliste avec la validité des « lois du marché » établir que la disparition de ce marché signifie la disparition du mode de production comme un tout, c’est produire une zone de convergence idéologique entre ceux qui veulent mettre fin à toute exploitation et ceux qui pensent seulement la réaliser sous une nouvelle vielle forme – les nationalisations et le capitalisme d’État.
Le journal Combate et certains courants minoritaires du communisme antiautoritaire ou libertaire, anarchistes même furent les seuls à dénoncer ou à refuser le faux choix entre le capitalisme d’État et le Capitalisme Privé.
Mais de cela il ne sera pas question dans son livre car il s'agit d'un Autre Combat 23


Version du 12 Août 2018







NOTES


1. Émissions de Radio Vosstanie sur La lutte des classes au Portugal (Sur la révolution dite des « œillets » ou la transition démocratique portugaise) 17h30 de son et d'entretiens avec Charles Reeve, Joao Bernardo, José Hipólito dos Santos, etc. https://vosstanie.blogspot.com/2014/09/la-lutte-des-classes-au-portugal.html


2. En référence à Howard Zinn auteur d'Une Histoire populaire des États-Unis. De 1492 à nos jours, Agone, 2002.


3. Franck Fischbach. Sans objet Capitalisme, subjectivité, aliénation. Vrin 2009.

4. Raquel Varela a été désigné par l’État Portugais comme « conseillère scientifique » pour les commémorations des 40 ans de la révolution dans le cadre d’un « Itinéraire sur le 25 Avril » http ://passapalavra.info/2014/04/94453




6. À cette date le volume VIII vient de paraître. Cette publication fait suite à l’ouvrage de référence entrepris et dirigé en son temps par Joel Serrão sous le nom de Dicionário de História de Portugal éditorialement il s'agit d'un supplément.


7. La collection complète du journal Combate peut-être consultée ici : https://www.marxists.org/portugues/tematica/jornais/combate/index.htm



9. Chez Afrontamento également puis ré-publié cette année dans une édition revue augmentée chez Antigona Editora (2018).


10. Ce paragraphe a été rédigé grâce à un texte édité en 2006 et tiré de http://jornalcombate.blogspot.com/ Jornal Combate Portugal, 1974-1978 et signé par João Bernardo, José Elísio Melo e Silva, José Paulo Serralheiro, Phil Mailer, Rita Delgado.


11. On peut en savoir bien davantage sur son parcours et ses idées en écoutant nos émissions sur Radio Vosstanie.


12. Notons que le journal Combate fait l’objet de travaux divers et universitaires au Brésil. Mais peut-être que les enjeux sont autres là-bas loin. On soulignera la traduction du travail de Danúbia Mendes Abadia dans Portugal, la révolution oubliée, tome I - « Combate et les luttes sociales pour l’autonomie (1974-1978) » Éditions Ni patrie ni frontières 2017.


13. Nationalisations et contrôle ouvrier dans révolution des Œillets. p 901-927



15. Voir plus précisément à la page 274 de História do Povo na Revolução Portuguesa 1974-75 ou l'édition portugaise de l'ouvrage de R.V.


16. Édité par le Groupe Solidarity en 1970. Traduit en français en 1973 dans la revue Autogestion et socialisme, Cahier 24-25 en 1973 puis en 2016 aux Éditions Les Nuits Rouges.


17. Oskar Anweiler, Les Soviets en Russie (1905-1921) Trad. De l'allemand par Serge Bricianer. Préface de Pierre Broué, Éditions Gallimard, 1972.


18. In Qu’est-ce que l’autonomie ouvrière ? Vosstanie Éditions 2018.


19. En référence à L’Expérience portugaise La conception putschiste de la révolution sociale, Charles Reeve, Éditions Spartacus,1976.


20. In Economia dos Conflitos Sociais. Expressão Popular Editora 2009 (2e édition). On pourra écouter également 3 Entretiens avec João Bernardo autour de son livre Économie des conflits sociaux sur Radio Vosstanie.


21. Ibid.


22. Ibid.


23. PORTUGAL l'autre combat. Classes et conflits dans la société. F. Avila, Carla Ferreira, B. Lory, C. Orsoni, Charles Reeve. Editions SPARTACUS. Série B. nº61 - 1975. 220 pages. Disponible en PDF sur le site ArqOperaria https://arqoperaria.blogspot.com/2014/01/pour-une-bibliographie-engagee.html

quarta-feira, 6 de dezembro de 2017

"Portugal, la révolution oubliée", tome 1. Un livre de Danúbia Mendes Abadia : "Combate et les luttes sociales pour l’autonomie"



Le coup d’État organisé le 25 avril 1974 par le MFA (Mouvement des forces armées) marqua la fin de quarante-huit années de régime fasciste au Portugal. Cependant, peu de temps après le 25 avril, la réorganisation des nouvelles structures de pouvoir et la reprise de l’accumulation de capital dans le pays furent déstabilisées par un vaste processus d’auto-organisation des travailleurs et travailleuses. Le développement de la pratique de l’autogestion des luttes dans les entreprises, les quartiers, les campagnes et les colonies portugaises fut accompagné par le groupe qui publia le journal Combate, entre juin 1974 et février 1978 ; c’est en accompagnant les luttes pour l’autonomie qui s‘inscrivirent dans le processus révolutionnaire que Combate put diagnostiquer, in loco, le processus de développement du Capital, ainsi que les formes d’organisation autonome de la classe ouvrière.
Danúbia Mendes Abadia

Qui se souvient du fait que 450 usines ont tourné en autogestion, mobilisant plus de 30 000 travailleurs, pendant plusieurs mois voire plusieurs années au Portugal ? Qui, à gauche et à l’extrême gauche, s’est intéressé, ou s’intéresse, encore aux discussions passionnantes qui se déroulaient dans le cadre des commissions de travailleurs, des commissions d’habitants et dans les coopératives agricoles ? Ce premier volume fournit les éléments de base pour comprendre ce qui s’est passé durant cette période. Ce livre, écrit par une universitaire brésilienne, analyse les luttes pour l’autonomie au Portugal, à des années lumière des récits politiciens des militants ou des historiens qui se focalisent uniquement sur les positions des partis, ou des groupuscules, et ignorent l’action décisive des masses. Un second volume reproduira les éditoriaux de Combate et de nombreuses interviews et discussions entre les travailleurs et travailleuses qui furent publiées dans les colonnes de ce journal libertaire qui donna la parole aux prolétaires en lutte pendant quatre années.


Éditions Ni patrie ni frontières 190 pages, 12 euros, en vente à partir du 15 janvier 2018


Pour en savoir plus 


Voir aussi notre émission avec João Bernardo
pour connaitre son parcours militant et l'expérience du 
journal Combate


Mais aussi notre émission de 17h30 sur

terça-feira, 18 de outubro de 2016

MANIFESTO DO COMBATE (21 de Junho de 1974)

Manifesto do Combate

Qual é a luta dos trabalhadores, qual é a luta dos exploradores?

Antes do golpe de 25 de Abril, durante o golpe e desde então existiram sempre dois grandes campos de luta.

A luta dos trabalhadores portugueses e dos povos oprimidos e explorados das colónias constitui um desses grandes campos, que não tem por finalidade adaptar o aparelho governamental da burguesia aos problemas políticos e económicos que surgem aos exploradores, mas sim acabar com a própria exploração.

Do lado de todas as classes e camadas exploradoras sentia-se a necessidade de uma remodelação urgente das instituições governamentais e do próprio sistema de governo, devida fundamentalmente a três questões:

- A situação insustentável da burguesia portuguesa nas colónias, a incapacidade em que se viu de vencer militarmente os povos coloniais, foi um dos factores que tornou mais imperiosamente urgente para a burguesia a reconversão da sua política e que a levou a procurar, com a paz militar, chegar a soluções políticas e económicas neo-coloniais.

-  As múltiplas greves e lutas que os trabalhadores portugueses vinham a desenvolver mostravam à burguesia que o aparelho repressivo do marcelismo estava já completamente inadequado para tentar conter e reprimir essas greves. A burguesia queria, pois. instaurar uma «liberdade de greve» ao mesmo tempo que punha à frente da generalidade do aparelho sindical elementos reaccionários, contrários á prática da greve.

- As classes e camadas exploradoras precisavam também de adaptar o aparelho governamental para a resolução de problemas económicos graves que se vinham a acumular sem que a administração de Marcelo Caetano lhes conseguisse dar qualquer solução. A inflação, a necessidade de acrescer o desenvolvimento industrial, as relações com o Mercado Comum, a emigração impunham uma reorganização rápida e em grande escala das instituições do governo.

De um lado. temos os trabalhadores lutando activamente pela resolução dos seus problemas, exigindo de imediato uma melhoria do nivel de vida e de trabalho, e alargando a luta contra a própria exploração capitalista Do outro lado temos os exploradores, cujo problema essencial é o de tentar garantir em novas condições a exploração dos trabalhadores coloniais e dos trabalhadores portugueses.

O golpe do 25 de Abril foi dirigido e orientado pelos exploradores para a defesa dos seus interesses

O grande problema que preocupa a burguesia portuguesa e que a levou ao 25 de Abril foi: como manter a exploração capitalista e adaptá-la ás novas condições? Por isso. as massas trabalhadoras não tiveram, nem podiam ter qualquer papel activo no golpe de 25 de Abril, porque ele não se destinava a acabar com a exploração, mas a perpetuá-la.

O golpe do 25 de Abril foi pensado em esferas das classes dominantes, em estreita ligação com grupos financeiros; e foi executado na pratica por capitães e majores originários de uma burguesia média ou a ela ligados e canalizado politicamente pelos generais da Junta, dos quais uns são ligados à grande finança e os outros são mesmo seus representantes directos.

No seu combate contra a exploração capitalista, os trabalhadores criam formas de organização revolucionárias, que integram activamente todas as massas trabalhadoras em luta. O 25 de Abril não se apoiou nas organizações de luta dos trabalhadores e, pelo contrário, esforçou-se por afastá-las de qualquer participação no golpe. Se exceptuarmos o assalto às sedes da Pide e a libertação dos presos de Caxias, Peniche e da Pide do Porto, que foi conseguida de uma maneira rápida e global pela acção das massas populares, em todos os outros casos nunca os trabalhadores tiveram nem qualquer controle nem a mínima interferência no desenrolar do golpe.

Em resumo: o 25 de Abril não assentou em formas organizacionais produzidas na luta dos trabalhadores, mas sim nos oficiais do exército, numa organização burguesa rigidamente constituída que nada tem a ver com a nossa luta. E nem podia ser de outra maneira, pois o golpe de 25 de Abril não se integra na luta dos trabalhadores contra o capitalismo, e sim nas tentativas dos capitalistas para continuarem a exploração dos trabalhadores em novas condições.

Porque é que algumas correntes políticas querem fazer crer, agora, que os trabalhadores teriam tido um papel preponderante no 25 de Abril?

O carácter exclusivamente militar do golpe não constituiu mistério para ninguém no 25 de Abril e nos momentos seguintes. Só depois, essas correntes políticas começaram a afirmar que o 25 de Abril não fora um golpe militar e sim uma acção em que as massas trabalhadoras teriam intervindo com preponderância.
Se alguns sectores políticos julgam hoje que os trabalhadores esqueceram já o que se passou mês e meio atrás e nos tentam convencer de que interviemos activamente no golpe do 25 de Abril, isso deve-se ao facto de nos quererem vincular às decisões tomadas pelo actual governo, sabotando assim abertamente o desenvolvimento da luta dos trabalhadores.

Mais francos são os generais da Junta (Spínola, no discurso ao Conselho de Estado, ou Galvão de Melo na televisão, por exemplo bem como Salgueiro Maia, um dos mais importantes dirigentes do Movimento das Forças Armadas, em várias entrevistas) que reivindicam para as forças armadas o exclusivo do planeamento e o exclusivo da realização material do golpe. Não se deve tal franqueza ao amor da verdade, mas tão só à vontade de se afirmarem bem alto como os únicos autores do golpe de 25 de Abril e, portanto, como os «libertadores». É falso serem libertadores. A libertação das massas trabalhadoras, só os trabalhadores a conseguirão, e não capitães nem generais de qualquer Junta. Mas é verdade serem eles os realizadores do 25 de Abril O seu a seu dono. e não é dessa glória mas de outras que a classe operária e as massas trabalhadoras precisam.

A libertação dos trabalhadores só pode dever-se à luta dos trabalhadores

A luta contra a exploração capitalista, que se travava no dia 24 de Abril, não parou no dia 25 e continuou a travar-se no dia 26. O golpe de 25 de Abril não podia acabar com a luta contra a exploração, porque não se destinava a acabar com a exploração. Grande parte des greves que deflagraram depois do dia 25 de Abril vinham já a ser preparadas antes da data do golpe militar, o que mostra que a luta dos trabalhadores se desenvolveu e se desenvolve num campo completamente distinto do desse golpe. O campo em que deve assentar todo o nosso combate é o da luta contra a exploração.

Não sendo uma acção dos trabalhadores, mas um golpe militar, e não assentando na organização autónoma das massas trabalhadoras, mas na hierarquia rígida das forças armadas, o governo saído do 25 de Abril não poderá nunca desenvolver-se no sentido da libertação do trabalho, no sentido da instauração de formas económicas e sociais do comunismo e da luta por uma sociedade sem classes. Nem na Junta de Salvação Nacional, nem no Governo Civil Provisório, nem no Movimento das Forças Armadas existe sequer um mínimo vestígio da organização autónoma dos trabalhadores. Em nenhuma das Instituições do novo regime há qualquer possibilidade para o desenvolvimento da nossa luta.

O 25 de Abril Instaurou uma liberdade de partidos e a liberdade de expressão — ou melhor, a liberdade de uma certa expressão. Mas, ao mesmo tempo, repete em todos os tons e pelas mais variadas correntes políticas que o proletariado e todos os trabalhadores em geral têm ganhando pouco mais, de produzir muito mais. Afirmam admitir a greve mas, ao mesmo tempo e a várias vozes, desencadeiam uma violenta campanha contra as greves. Em suma, afirmam que primeiro vem a democracia parlamentar e só depois o aumento dos salários e uma certa reorganização do trabalho.

Mas o trabalhador nem come democracia nem trabalha no parlamento. Os nossos interesses imediatos consistem no aumento dos salários e na reorganização do trabalho nas fabricas existentes. E estes não são os interesses futuros, mas os mais imediatos. Porque os interesses futuros não são o aumento dos ordenados, e sim o fim do trabalho assalariado e da exploração capitalista; nem são a reorganização das fábricas existentes, mas sim o desenvolvimento de novas relações sociais de produção, a instauração de um sociedade comunista.

A nossa luta, nas novas condições em que a burguesia se organizou depois do 25 de Abril, e o desenvolvimento do combate que travávamos contra a burguesia antes do golpe militar. Só ai, no combate contra a exploração — e não nas novas instituições do governo burguês — é que a nossa luta se deve e pode desenvolver.

As massas trabalhadoras desenvolvem hoje em Portugal uma luta geral à escala de todo o País

Todas as classes activamente interessadas no capitalismo encontram ampla expressão e liberdade nas Instituições do actual governo. Todos os explorados são excluídos dessas instituições. A fronteira é, pois, muito nitlda.

Desta situação resulta que a luta da classe operária e dos restantes trabalhadores, que desde 1962 vinha somente a deflagrar em lutas isoladas entre si, se desenvolve agora a nível nacional numa luta geral, vasta, cada vez mais aguda e em que as lutas particulares se relacionam sempre mais, na constituição de um processo único. É esta, sob o ponto de vista dos interesses dos trabalhadores, a característica principal da actual situação. A luta dos trabalhadores em Portugal deixou de ser constituída por uma sucessão de lutas particulares interrompidas por refluxos mais ou menos longos, e desenvolve-se agora numa luta geral em que todas as lutas particulares tendem a relacionar-se cada vez mais estreitamente.

Qual o objectivo deste jornal e do trabalho a ele ligado?

Do desenvolvimento da luta geral dos trabalhadores a nível nacional resulta a função revolucionária que virá a assumir este jornal e o restante trabalho a ele ligado.

Este jornal propõe-se ser um agente activo na ligação entre si das várias lutas particulares, divulgando essas lutas e nomeadamente as experiências organizativas delas resultantes e acelerando por este modo o desenvolvimento da luta dos trabalhadores enquanto luta geral. É dessas lutas e do desenvolvimento da luta geral que resultará toda a elaboração do jornal e o próprio aprofundamento das posições aqui assumidas. Este jornal é o primeiro dos eixos do nosso trabalho.

Estreitamente ligado com o jornal, está o trabalho de fomentar a organização de reuniões de massas entre trabalhadores, soldados e marinheiros, ou trabalhadores com soldados e marinheiros inseridos em lutas particulares diferentes. Sabemos que é um trabalho difícil, que exige não só a preparação de inúmeras condições materiais, como a defesa contra a repressão da burguesia. Mas não há desenvolvimento e generalização da nossa luta sem a efectivação de reuniões de massas entre trabalhadores que têm diferentes experiências particulares de luta. É este o segundo eixo do nosso trabalho.

Quais são as posições práticas que revelam uma atitude revolucionária na luta de classes hoje travada em Portugal?

Todo o nosso trabalho tem como único ponto de referência as posições práticas assumidas na luta dos trabalhadores. E tem como único objectivo contribuir para a unificação das várias lutas particulares numa luta geral das massas operárias e restantes trabalhadores. Não somos um partido, nem visamos constituir qualquer partido na base do trabalho ligado com este jornal. Elementos ou grupos de quaisquer partidos ou sem partido são colaboradores neste trabalho desde que desenvolvam, na luta dos trabalhadores, posições práticas revolucionárias.
A análise da luta dos trabalhadores no momento actual e a experiência dessa luta motra-nos que uma posição revolucionária na luta de classes, no Portugal de agora, se define minimamente nos pontos práticos seguintes:
1.º CONTRA A POSIÇÃO REACCIONÁRIA QUE CONSISTE EM CONSIDERAR COMO O OBJECTIVO DO NOSSO COMBATE O APOIO AO ACTUAL GOVERNO DA BURGUESIA, AS MASSAS TRABALHADORAS DESENVOLVEM A SUA LUTA AUTÓNOMA
Várias correntes tentam travar o desenvolvimento da luta dos operários e de todos os trabalhadores sob o pretexto de que ela pode assustar alguns generais, ou alguns capitães, ou alguns ministros. Mas isso corresponde a desarmar os trabalhadores e entregá-los de pés e mãos amarrados à espera da piedade da burguesia! Os trabalhadores não depositam em outros a sua libertação. Só a luta dos trabalhadores pode servir os interesses dos trabalhadores, e a nossa única posição é reforçar sempre e cada vez mais a nossa luta autónoma. A contra-revolução, no Chile ou em qualquer outro país, triunfou sempre por a luta dos trabalhadores não se ter desenvolvido de modo suficientemente amplo e profundo, e não por essa luta ter ido longe demais. O único obstáculo à reacção, quer seja a do antigo regime quer a do actual governo, é o desenvolvimento da luta operária autónoma.
2° A LUTA ANTI-COLONIAL DEVE DESENVOLVER-SE COMO SOLIDARIEDADE ACTIVA E MILITANTE ENTRE OS EXPLORADOS EM PORTUGAL E OS EXPLORADOS AFRICANOS
Os trabalhadores portugueses querem a independência imediata e incondicional para todas as colónias. Mas não ignoramos que a independência não resolve, por si, o problema da exploração dos trabalhadores africanos. Repudiamos todas as perspectivas neo-coloniais que orientam a linha de actuação da Junta de Salvação Nacional e do Governo Provisório Civil. Mais grave ainda é a continuação da exploração neo-colonial através dos grandes imperialismos mundiais. Mas não podemos esquecer também a existência de exploradores africanos, que vêem a independência política das colónias como uma possibilidade para explorarem um pouco mais os trabalhadores de África. Por isso, o apoio dos trabalhadores portugueses à independência imediata e incondicional das colónias não pode deixar de passar pelo apoio activo e militante aos explorados africanos na sua luta contra todas as formas de exploração e contra todos os exploradores. Essa luta tem como um dos pontos fundamentais o combate ao racismo, nomeadamente o racismo contra os povos das colónias e contra os trabalhadores africanos emigrados em Portugal. Para que a luta anti-colonial se desenvolva como uma solidariedade intima entre os explorados, é necessário uni-la com a luta dos trabalhadores na produção, isto é, com a luta nas fábricas e nos campos, e uni-la também com a luta nos quartéis. A luta anti-colonial conduzida sobre a base da luta na produção é o eixo do desenvolvimento revolucionário do anti-colonialismo.
3.º A LUTA DOS TRABALHADORES DEVE DESENVOLVER-SE, DESDE O SEU PRÓPRIO INICIO, SOBRE A BASE DA UNIDADE DE PRODUÇÃO E NÃO PODE SER DELEGADA NOS REPRESENTANTES SINDICAIS
Os trabalhadores não lutam por delegação — lutam eles próprios. É na acção prática colectiva dos trabalhadores durante as lutas quer por reivindicações económicas, quer pela reorganização do trabalho, que se criam formas de organização de massas que constituem a base de desenvolvimento da revolução comunista. Só a nossa luta prática constitui o processo da revolução social. Por isso, querer afastar os trabalhadores da luta prática, considerando que as discussões com os patrões devem estar fundamentalmente a cargo de uma burocracia sindical especializada em contratos de trabalho, é pretender castrar a própria base da revolução social.
4.º NAS CIRCUNSTÂNCIAS ACTUAIS, DEVEMOS APROVEITAR A LUTA PARA A ELEIÇÃO DE DELEGADOS SINDICAIS, AO MESMO TEMPO QUE COMBATEMOS FIRMEMENTE AS BUROCRACIAS QUE DOMINAM AS DIRECÇÕES DA MAIORIA DOS SINDICATOS E QUE DOMINAM A INTER-SINDICAL
As burocracias sindicais isoladas das massas trabalhadoras pretendem, em todos os casos, convencer os trabalhadores a não lutarem praticamente, a continuarem a produção inseridos nas estruturas capitalistas enquanto os senhores delegados sindicais, no segredo das conversações com o patronato, e devidamente remunerados pelos trabalhadores, tentam chegar a acordos e conciliações. Nós devemos combater as burocracias sindicais, que tentam sempre sabotar a luta prática das massas trabalhadoras porque sabem que serão varridas e perderão a sua razão de ser com o desenvolvimento dessas lutas práticas. Mas devemos inserir-nos nos processos de eleição de delegados sindicais, porque esse nível do aparelho sindical está ainda directamente ligado às massas trabalhadoras e é possível, por isso, em muitos casos, que venha a constituir uma parte integrante da luta de massas e que a dinamize.
5.° DEVEMOS LUTAR POR UM SALÁRIO MÍNIMO VERDADEIRAMENTE NACIONAL E ADEQUADO ÀS NECESSIDADES DOS TRABALHADORES BEM COMO PELA DIMINUIÇÃO DO TEMPO DE TRABALHO E PELA MELHORIA DAS CONDIÇÕES DE TRABALHO E HABITAÇÃO
A diminuição do tempo de trabalho faz parte da luta reivindicativa que visa melhorar as nossas condições de vida e diminuir os lucros do patrão. Mas essa diminuição do tempo de trabalho não é só uma medida de protecção da saúde do trabalhador e de defesa imediata contra o acréscimo da exploração. O aumento do tempo disponível será também uma condição importante para aumentar a participação activa das grandes massas dos explorados na discussão das formas de luta e de todos os problemas gerais que nos interessam, se sobre essa base conduzirmos um trabalho de organização de reuniões de discussão. Esse trabalho de organização dos tempos livres deve estar ligado com as lutas no local de trabalho e nas zonas habitacionais. A luta pela diminuição do tempo de trabalho, com este objectivo, deve fazer parte integrante da criação de condições para um maior desenvolvimento da luta dos trabalhadores contra a exploração.

O Governo Provisório instituiu um salário mínimo do qual exclui grande parte da população trabalhadora — devemos lutar contra este facto. Além disso, tal salário mínimo é demasiadamente baixo para as necessidades dos trabalhadores. O coro do governo diz que salários mais altos prejudicariam a economia nacional. Mas que economia é essa? É a economia capitalista? Se são os patrões que defendem a continuação dos seus lucros, compreendemos bem que os representantes patronais não queiram um salário mínimo mais elevado. Mas porque é que se pretendem fazer passar por amigos dos trabalhadores aqueles que, na prática, opondo-se à elevação do salário mínimo, defendem os lucros do patrão?! Dizem eles que um maior aumento dos salários levaria à falência de pequenas e médias empresas e à concentração do capital. A concentração do capital é o caminho inelutável da economia capitalista e não compete aos trabalhadores pagarem com o suor do seu trabalho e com a miséria das suas familias os lucros que permitam a subsistência dos pequenos e médios patrões. Os trabalhadores não lutam só contra uns patrões mas contra todos, contra a própria exploração capitalista. Se a economia nacional não comporta maiores aumentos de salários, a solução não é a de restringir a paga dos trabalhadores, e sim a de mudar de sistema económico. Se é o próprio capitalismo a dizer, pela voz de todos os seus agentes e servidores, que não pode aumentar suficientemente os salários, o que significa, portanto, que não serve os interesses mínimos dos trabalhadores, então o nosso interesse é o de desenvolver a nossa luta de modo a acabar com o capitalismo.
6.° DEVEMOS DESENVOLVER OS PROCESSOS DE SANEAMENTO E DE REORGANIZAÇÃO PARCIAL DAS EMPRESAS EM LUTA PELO CONTROLO E GESTÃO DE TODO O PROCESSO ECONÓMICO
O governo actual procura canalizar a fúria dos trabalhadores contra a tirania tentando que a nossa revolta se limite a substituir os administradores mais comprometidos com o fascismo por outros menos comprometidos ou por burgueses liberais ou social-democratas. Além disso, o novo governo procurou aproveitar as extraordinárias capacidades que os trabalhadores têm para organizar o trabalho, deixando-os proceder a remodelações parciais; o marcelismo não conseguira fazer uma adaptação suficientemente rápida das estruturas administrativas e de gestão às novas necessidades do capitalismo e, face a tal atraso, os capitalistas procuram agora canalizar as capacidades organizadoras das classes trabalhadors sem pôr em causa os princípios capitalistas fundamentais da hierarquia [ilegível] da divisão do trabalho feita pelos não-trabalhadores, [ilegível] ...ciso que desenvolvamos os processos de saneamento e de reorganização parcial das empresas em processos mais vastos. O objectivo dos trabalhadores não é o substituir os patrões antipáticos por patrões simpáticos, mas o de acabar com o patronato. O nosso objectivo não é o de beneficiar o capitalismo pela reorganização parcial das empresas, e sim o de estabelecer novas relações sociais de trabalho — relações comunistas. Precisamos de, desde já, começar a pôr em causa não só uns patrões mas todos os patrões, não só aspectos particulares dos sistemas de organização capitalistas, mas toda a organização capitalista do trabalho. Não precisamos de quem divida o trabalho para que nós o façamos, não precisamos de quem oriente o nosso trabalho. Os trabalhadores, que tudo produzem, devem organizar toda a produção.
7.° A LUTA DOS EXPLORADOS DO CAMPO É UM DOS EIXOS FUNDAMENTAIS DA LUTA DAS MASSAS TRABALHADORAS
A imprensa diária controlada pela burguesia silencia completamente, salvo rarissimas excepções, a luta do proletariado agrícola.
É absolutamente necessário unir a luta dos trabalhadores das cidades com a luta dos explorados do campo. As lutas dos explorados agrícolas põem problemas diversos, consoante as regiões são de grande ou pequena propriedade, consoante os tipos de cultura, consoante o grau de existência de assalariados agricolas que possuam eles próprios pequenas parcelas de terra e consoante a proporção em que existam pequenos camponeses. É através de uma ligação estreita com as lutas camponesas e de desenvolvimento dessas ligações para todos os pontos do pais que se poderão estabelecer os pontos de demarcação essenciais relativamente à questão agrária.
8.º O EXÉRCITO E O MILITARISMO SÃO ARMAS DA BURGUESIA QUE IMPORTA DERRUBAR NA LUTA PELO ARMAMENTO GERAL DOS TRABALHADORES
Filhos do povo, os soldados e os marinheiros são separados das massas trabalhadoras, postos em casernas onde a burguesia os submete a hierarquias rigidas e a uma disciplina degradante. Pretende, deste modo, mentalizá-los para que voltem as armas contra os seus irmãos de classe, os trabalhadores de qualquer país. Por isso, um dos interesses básicos dos trabalhadores é o de destruírem as estruturas militares e de combaterem o militarismo. Nós não precisamos de delegar em terceiros a nossa defesa — armamo-nos e defendemo-nos nós próprios. Neste momento, há várias lutas de marinheiros e soldados contra a disciplina, contra o militarismo, contra o encasernamento. É necessário desenvolver ao máximo todas essas lutas e é necessário fomentar os contactos e, depois, as reuniões de massas, entre os soldados e marinheiros em luta e os trabalhadores em luta nos campos e na cidade. Se as lutas dos soldados e marinheiros se unirem estreitamente com as restantes lutas dos trabalhadores, ficam assim postas em causa as próprias bases do exército reaccionário, separado da população.
9.° OS OPERÁRIOS NÃO TÊM PÁTRIA. TODA A LUTA OPERÁRIA TEM QUE SER INTERNACIONALISTA
Foi a burguesia, no desenvolvimento da economia capitalista, estreitando as relações entre todos os polos de concentração do capital e fundindo empresas à escala multi-nacional e multi-continental, que destruiu as velhas nações e tornou caducas as fronteiras nacionais. Mas essa mesma burguesia, para dividir os trabalhadores, difunde entre nós uma ideologia nacionalista e racista. Os trabalhadores não podem atacar o racismo com puras declarações sentimentais. Não é com palavras, mas com factos, que o internacionalismo se desenvolve. Assim, é necessário fundir cada vez mais as lutas dos explorados portugueses com as lutas dos explorados de todo o mundo, e fundi-las ao nível dos próprios movimentos de massas. O trabalho que se centra em torno deste jornal abrir-se-á, por isso, às lutas dos trabalhadores noutros pontos do mundo, desenvolvendo a criação das condições necessárias para a expansão de uma verdadeira luta internacionalista e anti-nacionalista dos trabalhadores.
Pensamos serem estes, no momento actual e neste pais, os pontos práticos de demarcação que distinguem, na vasta luta das classes, a posição revolucionária dos trabalhadores. O desenvolvimento da luta e o desenvolvimento da unificação das lutas particulares em lutas gerais produzirão novos pontos de demarcação práticos e aprofundarão os pontos existentes. É assim que, no seu próprio desenvolvimento, as massas operárias e todos os trabalhadores produzem as condições materiais e ideológicas do comunismo.

Desenvolver a luta autónoma dos trabalhadores e unificar as lutas particulares numa vasta luta geral — são estas as tarefas principais dos trabalhadores e de todos os revolucionários.

21 de Junho de 1974



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L'expérience du Journal Combate (1974-1978)
Avec João Bernardo.
A l'initiative du journal avec Rita Delgado et João Crisóstomo.