L'idéologie du Contrôle Ouvrier
Une lecture d’un document d’époque d’une grande actualité.
Ce
texte a essentiellement pour but de compléter le propos que nous développons
dans le texte De la Falsification ou du Trotskisme Universitaire. Il tente de répondre à deux assertions que l’on considère pour notre
part comme fausses et manipulatrices et proposées par Raquel Varela, ses
groupies et relais d’idiots institutionnels
et qui soutiennent que “Dans les années 1970, le contrôle ouvrier
constituait une revendication commune aux jeunes libertaires, aux
sociaux-démocrates et aux syndicalistes réformistes » et que les « désaccords » terminologique sur la notion
de contrôle ouvrier se fondait sur le faite qu’il n’aurait jamais été
convenablement défini.”
Mais
l’arnaque néo-léniniste plus précisément des enfants du prophète
consiste aussi à défendre sous nos
latitudes que le contrôle ouvrier et l’autogestion furent ou sont synonymes.
Comme
nous le rappelions soutenir ce propos n’est pas qu’un mensonge car au delà des
divergences fondamentales c’est d’une lutte plus vaste entre les moyens et les fins dont il est question c’est
à dire de philosophies politiques et dont le questionnement remonte déjà à la
Ière internationale.
D’un
côté nous avons donc une option stratégique idéologisée (ou l’inverse) prise
par le marxisme orthodoxe et de l’autre un moyen qui s’est transformé en une
fin et qui se révèle hélas tout aussi idéologique.
Pour
illustrer notre propos nous avons exhumé une de ces archives du fameux spectacle
du Pouvoir qui n’en finissait plus de vouloir être
populaire (Poder Popular) dans une période particulière d'effervescence
à savoir celle du 25 avril 1974 au Portugal.
Elle
nous permettra de dégager à minima ce qu’entendait par contrôle ouvrier une
organisation quasi typique de cette époque et de conjecturer sur les lignes de
forces de ce projet “politique” dans l’acception la plus rédhibitoire du mot.
Rien
de meilleur pour cela que ce premier cahier de seize pages et de seconde main,
au titre cristallin, explicite et prometteur - CONTROLO OPERARIO - PODER
POPULAR (Contrôle Ouvrier - Pouvoir Populaire).
Il
fut imprimé en janvier 1976 par une organisation qui avait pour nom MES - Movimento
de Esquerda Socialista (Mouvement de la Gauche Socialiste) qui fut comme
beaucoup d’organisations d'extrême gauche composée de syndicalistes, de
militants issus du milieu associatifs ou
en provenance du catholicisme progressiste, de divers et vagues intellectuels dont l’influence fut importante au sein des
structures militaires (La gauche dite militaire) et dont l’évolution fut
clairement marquée à partir de son second congrès par des options léninistes.
Il
est possible que certains trotskistes orthodoxes nous rétorquent que le MES ne
fut pas spécifiquement trotskiste. Cela importe peu car il nous faut rappeler
ici lapidairement que le trotskisme fut quasi inexistant au portugal. En
revanche la problématique du contrôle ouvrier fut soulevée par une flopée de
groupuscules tous aussi léninistes les uns que les autres et après tout, le
trotskisme, les trotskimes ne sont-ils pas un léninisme ?
Le
MES annonce clairement la couleur dès le premier paragraphe, elle sera rouge.
Rouge au point qu’il définit l’actualité du Contrôle Ouvrier comme étant de l’ordre
de la nécessité de subordonner la lutte économique aux objectifs politiques
c'est à dire le socialisme.
C’est
même sa tâche fondamentale, que doit assumer la “classe ouvrière” et le reste
des travailleurs.
Cette
lutte “politique” est censée garantir la création des conditions chaque fois
plus favorables pour la lutte vers le
socialisme.
Quelle
est cette vérité du contrôle ouvrier propre au MES ?
Elle
se dégage de deux options que critique
le MES et qu’il qualifie de
pernicieuses, c’est-à-dire celle des réformistes mais surtout celle des esquerdistas
(les gauchistes) qui d‘après lui n’ont rien vu changer dans le pays et
considèrent que les nationalisations servent fondamentalement la bourgeoisie.
Le
MES nous martèle donc que la tâche la plus importante est celle du contrôle
ouvrier sur la production posée par les travailleurs dans les assemblées et
dans les commissions et que ces tâches essentielles sont d’assurer le contrôle
politique et économique de la classe ouvrière et du prolétariat rural sur les
nationalisations.
Le
MES définit également ce qu’est le Pouvoir Populaire (Poder Popular).
Pour lui il s’agit du pouvoir organisé des masses populaires, de la classe
ouvrière et de ses alliés. Bien sur le MES indique qu’il s'agit de la seule
voie possible pour le socialisme.
La
lutte économique doit donc pour le MES s'articuler obligatoirement à la
création du pouvoir populaire pour ne pas sombrer dans l'économisme le plus
plat comme le font d’après lui les gauchistes.
Posé
ainsi on avouera ne pas avoir avancé d’un pas particulier si ce n’est remarqué
un certain goût pour les nationalisations économiques qui semblent baliser le
chemin vers le socialisme. (Nous en discuterons plus loin)
Le
document livre ici sans ambages son vieux jus léniniste, point de vue qui aura
lumineusement échappée à Raquela Varela et ses aficionados qui
tortillent du clavier et esquissent des circonvolutions d’un léninisme honteux
ou qui ne veut plus s’afficher comme tel.
Ainsi
le MES déclarait clairement :
“Sans
une avant-garde politique de classe qui dirige ses luttes, la classe ouvrière
ne pourra vaincre le capitalisme et la bourgeoisie et mener la Révolution
Socialiste jusqu'à ses ultimes conséquences. Ainsi toutes les expériences de
pouvoir des travailleurs et d’une
manière générale, la construction du pouvoir populaire doit avoir comme objectif l’unification de l’avant
garde politique de classe du prolétariat portugais qui ne pourra se réaliser
seulement dans les organes de lutte des exploités et des opprimés…[...]”
Cette
déclaration programmatique interpelle pourtant car à la lecture de cette brochure
on constate qu’à aucun moment cette organisation ne fait mention du fait d’être
un Parti mais apparaît sous l’étiquette de mouvement comme son nom l’indique.
On le
soulignait déjà dans notre texte précédent mais rappelons ici que la méfiance
vis à vis des partis était très grande (apartidarisme). Même si le MES
est bel et bien un parti au sens traditionnel on peut facilement avancer
au-delà de notre problématique que l’avant-gardisme n’est en rien l’apanage des
partis. Il est également présent d’une certaine manière et sous d’autres
formes, dans le mouvement anarchiste ou dit non-autoritaire. Il s’y manifeste
par exemple sous des comportements de types
élitistes et moralistes et dans ce que l’on peut désigner par un “exemplarisme”.
Ainsi
le Pouvoir Populaire c’est l’avant-garde politique qui dirige la lutte de la
classe ouvrière du moins est-ce ainsi qu’il faut l’entendre. Mais qu’en est il
du Contrôle ouvrier ?
Si l’on
sait que le Contrôle Ouvrier se fait sur l’économie on sait également comme le
précise le MES qu’il prend forme et s'intègre à l'intérieur des taches du
Pouvoir Ouvrier. Autrement dit c’est à l’avant-garde qu'incombe le contrôle
mais aussi la gestion de l'économie que le prolétariat s’occupera de faire
bifurquer vers le chemin du socialisme par le “contrôle de la production”.
En
effet seul le contrôle ouvrier annonce le MES peut-permettre de remettre en
cause les critères de gestion capitaliste et dont il se désole du règne
dans les entreprises nationalisées. On en saura pas plus sur le secteur “privé”
dans toute la brochure.
Ce
contrôle est le seul qui puisse réorienter l’économie vers l'intérêt des
travailleurs.
L’inflation
du mot pouvoir (poder) est au coeur de la brochure. Il est clairement
performatif mais il est là pour mieux dissimuler qu’il s’agit d’une stratégie d’une
avant garde organisée.
Le
MES déclare bel et bien que son but, les ambitions, ses ambitions ne sont rien
de moins que la prise et “l'exercice du pouvoir” et le développe sous la
bannière du Populaire.
Si le
coeur du contrôle dit ouvrier pour le MES ce sont les nationalisations
(étatisation) c’est qu’elles sont pour lui un puissant moyen d’attaque
contre le capitalisme. Ainsi jamais le MES n’analyse la nature de classe de
l’Etat ou ne pointe la perspective de sa destruction sans même parler dans la
langue léniniste et stratégique de “dépérissement”.
C’est
pourquoi le moyen du contrôle ouvrier c’est le véto à l'intérieur de l’Etat sur
les décisions qui vont à l’encontre des intérêts des travailleurs.
L'État,
les nationalisations, la gestion est au coeur du projet du contrôle ouvrier.
Pour
le MES il s’agit de surveiller et de contester la gestion capitaliste du
pouvoir patronal.
Pour
cela il décrète que les commissions de travailleurs sont les organes de base du
contrôle ouvrier et qu’ils doivent être majoritairement composés d'éléments
ayant “une conscience de ses intérêts de classe”.
On ne
sait ici si le MES fournissait des brevets de d’évaluation de cette conscience,
mais elle devait être garantie simultanément par une majorité ouvrière et tous
les secteurs du monde du travail.
Le
MES acte donc en creux la spontanéité de la naissance des commissions de
travailleurs et intègre parfaitement et stratégiquement qu’elles sont au coeur
de sa proposition de contrôle ouvrier. Sa méfiance vis à vis des syndicats qu’il
intègre également dans sa perspective, s’exprime également au sujet de “l’autogestion déconnectée” d’une
vision politique globale et qui fait
retomber les pratiques dans un pur économisme. D’une certaine manière le
MES pouvait ne pas avoir tort si cette autogestion avait été “idéologique” mais
cela fut très rarement le cas. Elle touchait des secteurs bien particuliers
ainsi que des entreprises privées.
Le
MES lui ne s’occupe dans son livret que de promouvoir le contrôle de la
production des entreprises nationalisées, ceci grâce à l’hégémonie de la classe
ouvrière sur le reste des couches de travailleurs. Il s’agit pour le
MES de contribuer à ramener du côté de classe ouvrière le reste des
travailleurs exploités et opprimés qu’il dispute à la bourgeoisie. On laissera
à chacun le soin d'interpréter ici le sens du mot hégémonie et de disserter du
sort des possibles égarés.
Pour
étendre ce contrôle ouvrier, “l'hégémonie”
ne doit pas se retrouver qu’au niveau des organes de bases, le MES propose
également de créer des instances de commissions régionales et sectorielles,
nationales et d’y associer en les minorant les syndicats (réformistes) et
les commissions de travailleurs
composées rappelons le, des éléments
ayant “une conscience de ses intérêts de classe”.
Transformer
l’économie le MES le fera avec des “alliés” dont on saura rien au final.
On y
retrouve d’ailleurs tout une rhétorique archétypale d’un courant qui n’a
pratiquement rien reformulé depuis l'époque, mis à par le travestissement ou la
falsification. Ainsi il s’agira par exemple d’acter la transformation
économique en cours “en obligeant le
capital à payer sa propre crise” toujours en impulsant la prise de pouvoir
par les travailleurs c'est à dire son avant-garde ne le perdons pas de vue.
Pour
le “contrôle” à proprement parler il est question pour les travailleurs “d’inspecter
et surveiller pas seulement la gestion des entreprises nationalisés” mais
aussi de lancer de nouvelle relation de travail et de production. Cette
transformation de l’appareil productif comme forme de combat sera “anti-impérialiste
et pour l’indépendance nationale”. C’est à dire le vieux schéma
tiers-mondiste du socialisme dans un seul pays.
Pour
avancer encore plus dans son projet de “contrôle” pour le contrôle ouvrier, le
MES pointe alors du doigt les limites des commissions de travailleurs qu’il
trouve fermées sur elles-mêmes - et trop conciliantes ou en collaboration trop
étroite avec le patronat.
Ainsi
les limites du contrôle ouvrier seraient pour le MES dues au projet politique
qui défend l’exclusivité du mouvement syndical et la critique faite de la
dépendance des organes du “contrôle
ouvrier” vis à vis de l’État.
C’est
ici que le MES opère à notre avis une sorte de raccourcis dont on peut
interroger la finalité. Il parle des “organes” du “contrôle ouvrier” pour ne
pas dire les “commissions de travailleurs” car il n’y a pas de réalité du
contrôle ouvrier au sens idéologique du MES. Mais une véritable activité des
commissions de travailleurs. Pour nous il s’agit d’une manipulation qui veut
faire acter que les commissions de travailleurs sont les organes du Contrôle
Ouvrier pénétrée par son entreprise idéologique.
Certaines
commissions de travailleurs sont elles bien en opposition et en rupture face à
l’Etat. Même si plus tard certaines commissions furent contraintes de
rechercher un financement étatique pour éviter la disparition de certaines
entreprises.
C’est
ici que le projet du contrôle ouvrier s’affirme un peu plus puisque le MES
demande la reconnaissance par l'Etat, c’est-à-dire l’organe privilégié du
pouvoir bourgeois des commissions de travailleurs ! Qui doivent être dépendantes non de l’Etat
mais des assemblées de Travailleurs c’est à dire du Pouvoir ouvrier c’est à
dire de son avant-garde.
À
quelle fin ? Pour contrôler les nationalisations.
Pour
consolider son idéologie du contrôle. Le MES compte donc critiquer les limites
de la lutte revendicative et refuser que le contrôle de la production se fasse
par la voie syndicale même s’il compte donner son poids et sa part du gâteaux
aux syndicats en les y intégrants comme on le soulignait déjà plus haut. On le
comprendra d’autant mieux quand on sait quel poids avait le PCP dans les syndicats.
Pour
cela il compte donc baser les choses par le biais de commissions de
travailleurs et la présence de ses militants à l'intérieur des structures.
Pour
le MES contrôler la production c’est la production de “richesses” contre la
salariat et la lutte économique doit s’articuler à la lutte politique. Le
contrôle ouvrier étant vu comme politique.
Pris
dans le bouillonnement de son temps et dans le vieux marxisme des forces
productives hérité de la IIe internationale, le MES
reste encore au niveau du pathétique débat sur l’anti-monopolisme qu’il
considère pour autant comme insuffisant (comme une autre concession au PCP
certainement) et affirme que le contrôle ouvrier passe par les
nationalisations.
Il s’en
suit d’autres préconisations tout aussi typiques que cette équation Socialisme
= Étatisation.
Ainsi
le socialisme du MES est-il productiviste il s’agira “d’initier la bataille
de la production” et d'augmenter la production, de “limiter le profit”
et de “contrôler les prix”, d’abolir le secret techniques financier et
commercial. Pour attaquer la reproduction de valeur on repassera.
D’ailleurs
le MES n'entrevoit la remise en question des critères capitalistes de gestion
que dans le secteurs des entreprises
nationalisées.
À toutes
ces couches de nationalisations et de contrôles divers, laquées de pouvoir le
MES ne propose que de rajouter d’autres couches mais de bureaucratie. Comme par
exemple des “conseils” du contrôle ouvrier ! (sic) qui doivent contrôler
les structures de restructurations créés au niveau de l’appareil d’Etat
dans le secteur nationalisé.
On
apprécie ici le programme bureautique léniniste du MES avec quelques décennies
de distance. Il est une synthèse boiteuse et faussement franche prise dans une
conjoncture bouillonnante faite de contradictions et de stratégie politique.
Mais
la critique que nous en faisons pouvait être faite et fut faite en son temps
par certains courants minoritaires de l’autonomie ouvrière, du mouvement
libertaire ou de la gauche communiste.
Son
socialisme de caserne dans un seul pays, son étatisme, son avant-gardisme,
suffisaient amplement à le discréditer aux yeux du courant anti-autoritaire.
On
peut à ce sujet citer par exemple un bureaucrate de l’organisation
anarcho-syndicaliste qu'était Pierre Besnard qui signalait déjà en son temps à
propos du contrôle ouvrier en Russie, que les Conseils d’ouvriers “jouèrent
un rôle de premier plan. Ils furent l’âme de la révolution de novembre 1917.
Malheureusement, dans ce pays où le syndicalisme n’existait pas, pour ainsi
dire ; ils furent, de même que les syndicats, constitués par le gouvernement,
bientôt asservis par ce dernier.”
De
rajouter plus loin que “le gouvernement n’acceptait les résultats de
ces élections qu’autant que ses candidats étaient élus” et de
conclure enfin que déjà à l'époque “Aujourd’hui, en Russie, les Comités
ouvriers, les Conseils d’usines sont devenus, comme les syndicats, des organes
du Pouvoir nouveau.”
Donc
le point de rupture évident avec le courant libertaire au sens large était déjà
historiquement daté et consommé du point de vue politique. Il ne venait pas
tant du fond que de la forme et des moyens. En revanche il existe un point de
frottement évident qui se trouve à la croisée de la conception du “contrôle
ouvrier” quelques fussent les courants, il touche à la notion de “gestion”.
Tous
à quelques exceptions près se retrouvaient sur la question de ce qu’il y a à “gérer”
et quoi et même que produire dans une
économie de crise et à la situation politique explosive.
La
problématique du passage au communisme joue ici à plein sur cette question -
contrôle Étatique et économie de transition contre autogestion et destruction
de l’État.
Pour
autant Pierre Besnard concluait son article sur le contrôle ouvrier par “C’est
de l’expérience cumulatrice que surgira la meilleure forme du Contrôle de la
production, l’organisation la plus efficace du travail.”
Ce
point de vue anarcho-syndicaliste daté mais pas forcement pour tous (il est
hélas encore à la mode) ne fait que rejoindre ici le marxisme des forces
productives. Il élude également toute critique du point de vue de la
critique de la loi de valeur et de sa pérennité sous des critères de la
meilleure forme du contrôle. Le “plus efficace” ici sera la perspective de
l'émancipation d’un travail qui n’est pas aboli mais simplement organisé plus
rationnellement.
Gérer,
“faire tourner”, mais quoi et pour quoi faire au juste ? Contrôler la gestion
de la saloperie marchande équitablement redistribuée ? Grâce à l’État ou
le grand syndicat anarchiste ?
Il
reste à explorer comment ne pas retomber dans l’agitation et la praxis
gestionniste, autogestionniste et localiste et ou de l'escroquerie du “contrôle”
étatico-politicien et de toutes les idéologies de substitution.
Surtout
quand la mode est à la dissolution mystique des “catégories” du capitalisme
sous l'opération de sa seule critique catastrophiste et érudite. De manière
trop récurrente et dans une persistance à interroger, elle se débarrasse
actuellement de tout sujet historique, plus précisément de celui qui puise dans
une perspective universelle auto-émancipatrice la source de sa conscience de
classe révolutionnaire.
VOSSTANIE
NOTES
On ne peut s'empêcher de détourner le propos de
Trotski tiré de Leur morale et la nôtre (1938) - Nous savons
très bien que certains “souhaitent par-dessus tout que l'histoire les laisse
en paix avec leurs bouquins, leurs petites revues, leurs abonnés, leur bon sens
et leurs règles” mais nous ne les
laisserons pas tranquilles dans leur situation de rente symbolique ou sonnante
et trébuchante.
Merci à João Bernardo qui nous signale et confirme
les prétentions spectaculaires du MES par cette anecdote que l’on trouvera dans
ce travail de thèse Livros
que
tomam
partido:
a
edição
política
em
Portugal,
1968-80 de
Flamarion Maués Pelúcio Silva. Note
10 en page 208 : “Quando o Sartre e a
Simone de Beauvoir estiveram em Portugal, durante o processo
revolucionário, foram ao Porto e
quiseram visitar fábricas ocupadas. O MES de quem eles eram próximos e que os
guiava no terreno, não tinha contactos nenhuns nesse meio e foi a livraria Contra
a Corrente do Porto para pedir contactos. Foi o José Elisio quem lhos deu. E
assim o Sartre e a Simone de Beauvoir foram visitar as fábricas ocupadas,
levados pelo MES, mas graças ao Combate"
Partie
Communiste Portugais.
Voir à ce sujet notre émission du 25 avril 2018 : 3
Entretiens
avec
João
Bernardo autour de son livre Économie des conflits sociaux (Economia dos conflitos sociais).
Voir : Encyclopédie
Anarchiste - quatre volumes édités entre 1925 et 1934. Article sur le Contrôle
ouvrier.