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domingo, 6 de dezembro de 2015

PORTUGAL: UNE COMMISSION DE TRAVAILLEURS TROIS ANS APRES

25 avril 1974 - 25 avril 1977
PORTUGAL: UNE COMMISSION DE
TRAVAILLEURS TROIS ANS APRES
Aux transports aériens portugais: 
 l'exemplaire montée de la droite

« Ma présence — à titre personnel dans l'Intersyndicale — s'inscrit dans la ligne d'unité que j'ai toujours défendue. Les partis doivent effacer leurs divergences au niveau syndical. L'entente doit être faite non entre les partis mais entre les hommes ayant une plate-forme commune. Les travailleurs ne doivent pas opter en fonction de leurs partis mais de leur classe » : quelques jours avant que Mario Soares ne définisse la « ligne syndicale » du PS en condamnant notamment la présence de militants du PS dans l'Intersyndicale, Kalidas Barretto, un des dirigeants ouvriers les plus importants du Portugal, militant de l'aile gauche du PS nous réaffirmait la nécessité de « l'unité à la base ».

Selon Kalidas Barretto, le refus de cette unité de la part du PS ne pourra à terme, et si il se poursuit que faire perdre au PS toutes ses commissions syndicales et éloigner de ses rangs tous les dirigeants syndicaux. Déjà la politique du gouvernement socialiste a entraîné la démobilisation de nombreux militants socialistes ainsi que la perte de plusieurs commissions syndicales ou de travailleurs pour le PS. Ainsi « l'indéfinition » de la ligne syndicale du PS et sa méfiance à faire une alliance avec les travailleurs de gauche a permis au PSD (ex-PPD) de remporter les élections à la Caisse générale des dépôts. Il en est de même au « Syndicat des banques du sud » où la direction syndicale socialiste a été battue par le PSD alors que l'ensemble des voix PS-PC atteignait le double de celles obtenues par le PSD. Si il est vrai que la coalition de droite PSD-CDS ne l'a jamais emporté dans les entreprises où les ouvriers sont majoritaires, leurs récentes victoires dans les entreprises ayant un secteur tertiaire très développé est inquiétante. Le cas de la TAP est à ce sujet significatif.

Une commission de travailleurs refusant de convoquer une assemblée générale et — ce que même la direction de l'entreprise ne fait pas — interdisant aux travailleurs de se réunir sur leur lieu de travail. Telle est, trois ans après le 25 avril, la situation dans une entreprise qui a pourtant derrière elle une tradition de lutte remontant bien avant la « Révolution des capitaines » : les Transports aériens portugais (TAP).

Une entreprise, il est vrai pas tout à fait comme les autres. « Mini-Portugal », disent les uns, faisant allusion à la présence au sein même de la TAP de la hiérarchie des salaires existant à l'échelle nationale : le plus fort salaire du pays est actuellement celui de son président. « Première multinationale portugaise » rétorque la direction se référant au fait que sur les 9000 travailleurs de la TAP, 1200 environ sont employés à l'étranger. « Entreprise dans laquelle réaliser une unité de lutte relève de l'exploit », expliquent les ouvriers qui se savent très minoritaires (environ un tiers des effectifs) face au personnel administratif et « volant ».

Mais, exemple significatif aussi du reflux actuel des « organisations de base » et des difficultés rencontrées par les travailleurs, lorsque, comme c'est le cas à la TAP, les Commissions de travailleurs (CDT) sont contrôlées par la coalition de droite PSD-CDS (parti social démocrate, ex-PPD — Centre démocratique et social) pour faire respecter des droits élémentaires, notamment le droit de réunion. Significatif aussi des conséquences du « partidarisme » et de la « désunion » de la gauche : la coalition PSD-CDS a pu prendre le contrôle de la CDT d'une part parce que les luttes partidaires ont divisé les travailleurs. D'autre part parce que le personnel administratif et les « volants » , traditionnellement conservateurs, ont profité du nouveau rapport de forces instauré dans le pays après le 25 novembre pour se faire entendre, aidés en cela par l'attitude du PS et aussi du PC.

TRADITION DE LUTTE

En 1973, les ouvriers de la TAP font grève et affrontent pour la première fois la police de choc de Caetano qui les expulse des locaux. Trois ans auparavant, en 70, les ouvriers métallurgiques du district de Lisbonne, s'engouffrant dans la timide « ouverture » syndicale de Caetano (très relative puisque les réunions étaient interdites), parviennent à battre la liste fasciste lors des élections du syndicat des Métallos. La majorité de la direction du Syndicat des Métallos est alors composée de travailleurs de la TAP. Mais la direction des métallos ne fonctionnera que quatre mois. Caetano, destituant et emprisonnant en 70 son président, Santos Junior.

LE PIEGE DE LA CO-GESTION

En avril 74, les ouvriers de la TAP sont parmi les premiers à exiger, après l'avoir décidé en assemblée générale, l'expulsion de la direction fasciste. Immédiatement les ouvriers, auxquels se sont joints de nombreux employés, désignent trois travailleurs pour gérer l'entreprise tandis que la « Junte de Salut Nationale » nomme les autres membres de la direction. «  Nous avons fait une erreur en désignant ces trois personnes : c'était admettre la co-gestion. Erreur d'autant plus grave qu'en acceptant l'augmentation de leur salaire de 11 000 à 52 000 escudos, deux des trois ouvriers ont porté un coup terrible aux travailleurs qui ont exigé leur départ de l'administration. Dès lors, la nomination des administrateurs a été du ressort du gouvernement », se souvient Santos Junior qui fit pantie des trois commissions créées après le 25 avril (CDT, Commission syndicale et commission d'assainissement).

LA MILITARISATION DE LA TAP

Très vite, les ouvriers réclament une réduction de l'échelle des salaires, le gel des salaires, la révision des horaires de travail (les « administratifs » font 37 h 1/2 par semaine, les ouvriers 40 à 44 heures). Dans les assemblées, le tertiaire et les « volants» s'opposent aux ouvriers tandis que le CPC les condamne. Au nom de la « sauvegarde de l'économie portugaise » et en les accusant d'être « manipulés par la CIA La paralysie d'un hangar entrainera l'intervention des commandos et de Jaime Neves.

Neves pointait sa G3 sur les ouvriers en leur ordonnant de reprendre le travail. Bien qu'il ait quasiment pris un travailleur en a otage a dans un Chaimite, nous avons refusé de le faire », se souvient un ouvrier. Sept ouvriers désignés par le PC comme « agitateurs a ont été expulsés et conduits dans une caserne : une gigantesque manifestation de rue a exigé leur libération puis leur réintégration.

LUTTES PARTIDAIRES

Viennent alors les élections pour les CDT : véritables luttes partidaires, elles ont, de six mois en six mois, divisé les travailleurs. Leur « coloration » politique suivra à peu près l'évolution de la situation politique portugaise : la première CDT était composée essentiellement d'indépendants et d'éléments de gauche révolutionnaire, la seconde contrôlée par le MRPP, la troisième par le PS, la quatrième aujourd'hui par la coalition PSD-CDS !

Comment expliquer ce « glissement » ? Le 25 novembre a marqué la transition d'une commission à une autre. Le PS a profité du nouveau climat politique pour, en s'appuyant sur les éléments les plus conservateurs, prendre le contrôle de la CDT. « C'est la commission PS qui a ouvert la voie au PSD et au CDS, explique un métallo de la TAP. Elle refusait les AG, affirmait cyniquement qu'elle ne respectait pas les statuts, imposait que toute le personnel de la TAP, y compris les employés en poste aux USA ou ailleurs aient le droit de vote ; ne discutait jamais de nos problèmes. Le vote secret, le refus de tenir des AG, les nouveaux statuts impossibles à discuter, qui caractérisent aujourd'hui notre situation sont le fruit du travail du PS ».

Lors de la discussion des statuts de la CDT, la division de la gauche a permis au PSD-CDS d'imposer son statut contre les trois statuts différents présentés par le PC, le MRPP et le PS. Résultat : le PSD a imposé son statut avec 1000 voix tandis que le PS en obtenait 800, le PC 400 et le MRPP 120. Mais surtout, fait significatif de l'écoeurement et de la démobilisation de la plupart des travailleurs à l'égard des affrontements partidaires, du refus d'alliance de la gauche et de l'impossibilité de discuter des statuts... 6700 travailleurs se sont abstenus ! Le coup de semonce donné par l'approbation des statuts du PSD-CDS a toutefois créé un sursaut chez les « indépendants » qui ont tenté d'unir toutes les forces de gauche pour éviter la victoire prévisible de la droite à l'élection de la CDT en février dernier. En vain. « Le PS a refusé de parler avec le PC, le MRPP aussi. Le PC a parlé de faire plusieurs réunions unitaires pour combattre la droite mais n'a rien changé à ses pratiques sectaires en tentant de tout hégémoniser. Les indépendants voulaient appeler à une réunion de tous les anti-fascistes de la TAP pour discuter des programmes des différentes listes. Le PC a répondu que « le terme anti-fasciste » divisait les travailleurs. Finalement, les indépendants n'ont plus participé aux réunions », rapporte un syndicaliste ouvrier.

Le PSD-CDS n'a eu qu'à tirer les marrons du feu, aidé en cela par l'avancée générale de la droite : sa liste l'a emporté lors des élections pour élire les représentants de la CDT avec 2000 voix (le plein des voix du personnel d'aviation notamment), le PS obtenant 1800 voix, le PC 1400 et 3000 travailleurs préférant s'abstenir.

UNITE TARDIVE

Il a fallu cette énorme défaite pour que PC, PS et MRPP s'unissent et élisent un secrétariat. Trop tard : la CDT est aujourd'hui bien en place et refuse tranquillement de convoquer une AG, refuse toute salle de réunion, intervient dans le champ syndical... « La commission est plus à droite que la direction, dit un métallo. La crise économique ouvre cependant de bonnes perspectives de lutte. Mais j'ai très peu confiance : chacun va tenter à nouveau de tirer la couverture à soi »

Pendant ce temps, la direction de la TAP déclare que le déficit important de la compagnie est dû aux «revendications exagérées des travailleurs et à la crise du tourisme ». « Faux, répond l'un des dirigeants ouvriers de la TAP. La direction a décidé une augmentation des gérants de 4500 escudos par mois alors que les ouvriers n'ont pas été augmentés de plus de 700 escudos. C'est la première fois depuis le 25 avril que la direction décide d'abandonner la politique de gel des salaires. Ainsi va le Portugal. Mais cela va peut-être nous permettre aussi de remobiliser les travailleurs ».




Libération le 27 avril 1977

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